Un petit billet pour répondre à Nicolas, qui sous mon billet d'avant-hier, disait que le mal était fait auprès des gens, à propos du RN.
Je ne suis pas sûre que les gens aient vraiment envie de prendre pour une victime quelqu'un qui a passé des années à piquer dans la caisse. Des sondages montrent plutôt le contraire. Par contre, une certaine catégorie de la population est attirée par une sorte de "trumpisation" de la société, c'est un fait.
Nous aurons un test, grandeur nature, a priori - si notre président ne juge pas approprié de nous déclarer en état de guerre - pour les élections municipales, dans un an.La politique locale ne se soucie pas tellement des affaires internationales. La guerre à Gaza, celle en Ukraine, les relations entre Trump et Poutine, cela n’aura pas beaucoup d’impact sur les résultats.
Par contre, la politique nationale, la situation de la France, la crise économique que nous traversons, cela en aura. Ce qui aura de l’importance, aussi, ce sont les valeurs portées par le temps. Ce que je veux dire par là, c’est que le monde dans lequel nous vivons influera sur le scrutin. Le monde de CNews, de Pascal Praud et de Trump. Le monde dans lequel les gens regardent les chaînes d’info sur leurs immenses télé 10 heures par jour. Le monde anxiogène où le moindre fait divers prend des proportions folles, juste parce qu’il est répété 10 fois par jour.
C'est l'année prochaine, aux municipales, que nous verrons si la condamnation de Marine Le Pen a un impact ou pas. De l'eau va encore passer sous les ponts. Mais je crois que la politique s'attache assez provisoirement aux personnes, pour finalement en revenir aux idées. Et qu'un Bardella vaut bien une Le Pen.
Les idées facho avancent inexorablement. Par fainéantise, par manque de conscience politique, par la tendance naturelle de l'homme à s'attacher plus au bruit des motos sous ses fenêtres qu'aux analyses sociologiques pointues. Nous nous attachons bien plus, c'est normal, au pouvoir d'achat en berne, au manque de médecins dans les campagnes, au sentiment d'injustice quand un petit délinquant de quartier sort de prison...C'est humain, mais c'est aussi l'échec des politiques depuis des années. C'est un mal profond. Nous nous soucions assez peu du climat, finalement, parce que les conséquences sont plus lointaines que celles causée par l'imbécile qui terrifie les braves gens dans la rue, là en bas de chez toi. Et nous n'avons que faire des droits de douanes imposés par Trump, même s'ils auront peut-être un impact direct sur le prix du sucre, du café ou du chocolat que nous trouvons de plus en cher quand on fait nos courses.
Avec une collègue encore plus politisée que moi, ce midi, en terrasse, nous nous étonnions du peu de retentissement de la grève d'aujourd'hui, dans l'éducation nationale. Et elle me disait que pour en avoir parlé en salle des profs, elle constatait que certains collègues avaient du mal à faire le lien entre la politique nationale et notre situation dans l'établissement. C'est un peu pareil pour tout, je crois. Et le succès des politiques populistes vient de là...
Me voila interpelé !
RépondreSupprimerLes gens ne sont pas opposés à la condamnation de Marine Le Pen mais l'inéligibilité "sans recours" (du moins avant l'appel) a fait du mal.
Pour ce qui concerne les municipales, le RN est toujours assez hors jeu et le PS et LR s'en sortent généralement bien, de même que tous les vieux partis.